Archive for août, 2012

A la rencontre des marmottes alpines

Jeudi, août 16th, 2012

Rencontre avec les marmottes dans la réserve de la Grande Sassière – les 30 juin et 1er Juillet

Présentation de l’équipage !

Robert, Marie-Lo, représentants d’AZL ( !)… et Isabelle, crapahuteuse invétérée que nous récupérons à la gare de Lyon à 9H.

Cap sur la route de Tignes, direction la Réserve de la Grande Sassière où Aurélie, qui étude les marmottes dans le cadre de l’Université Lyon 2, nous attend de pied ferme !

Pour la petite histoire, nous avons fait le choix de dormir en chambre d’hôtes, judicieusement sélectionnée par Isabelle, Aurélie nous ayant annoncé quelques jours auparavant les températures très basses auxquelles nous pouvions être soumis, à 2300 m d’altitude.

Nous laissons donc la tente, à regret, pour une chambre d’hôtes « La Ferme d’Angèle »tout confort destinée aux fragiles montagnards que nous sommes !

Après un frugal repas, nous partons à la découverte des marmottes en début d’après midi.

L’environnement est magnifique, paisible encore peu fréquenté par les touristes. Une multitude de fleurs jaunes, rouges, bleues, colorent ce splendide paysage plein de quiétude.

Aurélie a installé son QG au milieu de familles de marmottes et est assistée de stagiaires. Elle étudie les marmottes dans cette zone afin d’en vérifier la santé générale.  A cette époque de l’année c’est la sortie des marmottons. Après 6 semaines d’allaitement ils sortent des terriers. Ils sont encore un peu hésitants et pas très stables sur leurs pattes. C’est le moment pour les étudiants après des heures de patience, de capturer (à l’aide de nasses) ces petites créatures pour effectuer sous anesthésie générale  quelques contrôles et prélèvements. (Mensurations, poids, prise de sang et  phéromones) En dernier lieu et avant de les relâcher ils sont bagués à  l’oreille en fonction de leur sexe.

Nous avons de la chance car Aurélie est en train, avec d’infinies précautions, à plat ventre devant un terrier, de capturer un marmotton. Il est magnifique et se laisse facilement tenir par Aline (une stagiaire). Après toute la série de contrôles Aurélie nous propose pour notre plus grand bonheur et pendant la phase du réveil,  de le tenir dans nos mains, sans crainte d’une quelconque imprégnation, Puis c’est le moment de le rendre à sa famille .Il disparait rapidement dans son terrier.Les marmottes creusent des terriers et des galeries pouvant atteindre 10 m. Pour l’heure, nous les observons se chauffant au soleil, ou assises  sur leur arrière train, faisant le guet. Ce sont des moments privilégiés que nous vivons et Aurélie nous communique sa passion en répondant à nos multiples questions.

Elle nous explique également que nous pouvons observer dans la réserve, outre les chamois et les marmottes, le gypaète, le renard, l’aigle …Nous faisons d’ailleurs avec une longue vue mise à notre disposition, une très belle observation de chamois (une dizaine), à mi-pente du pic de la Sassière, certains couchés sur un névé.

Nous nous « arrachons » de ce magnifique lieu en fin d’après-midi avec en fond sonore le chant des marmottes, le regard attiré par les superbes gentianes jaunes et bleues de part et d’autre du chemin.

A la hauteur du parking, des randonneurs montent  leur tente pour la nuit (seul lieu toléré de la réserve) et nous évoquons avec une pointe de nostalgie, les bivouacs sauvages que nous connaissons bien en Afrique avec  cette immersion dans la nature qui nous donne l’occasion d’apprécier les soirées sous les étoiles et les rosées matinales : cette impression de seul au monde que nous ne connaîtrons pas cette fois ci !

Après une nuit écourtée, nous retournons dans la réserve sous un ciel très couvert et un vent assez frais. La pluie ne tarde pas à tomber mais nous sommes fort heureusement bien équipés.

Les marmottes ont du mal à sortir de leurs terriers et les observations sont difficiles. Qu’à  cela ne tienne Aurélie et une autre stagiaire  nous propose de les accompagner pour poser des sondes dans les terriers. Le but est de relever toutes les heures la température à  l’intérieur d’une galerie. Ces sondes  ont une autonomie de 3 ans. Le travail n’est  pas simple car il faut percer le sol au dessus d’une galerie et régulièrement un rocher vient comme par hasard empêcher le travail. Finalement   deux sondes seront installées. Elles seront relevées l’an prochain. Le reste de la matinée est occupée à l’observation des marmottes.

Tiens !! Une femelle dominante avec sa bague rouge à l’oreille. Aurélie est incollable et elle connait parfaitement tout ce petit monde. D’ailleurs la famille des marmottes dans ce secteur plus particulièrement et dans la réserve de la Sassière est en parfaite santé contrairement à d’autres pays comme les Carpates ou elle est en voie de disparition.

Le départ est proche hélas…nous évoquons avec Aurélie, l’idée d’une expédition marmottes spécial AZL ! Nous devrons néanmoins bien organiser une telle équipée…pour l’an prochain pourquoi pas, afin de faire partager cette belle aventure !

Un grand merci à Aurélie et son « team » pour cette découverte : nous en sommes encore tout émerveillés….